MALAIGITS-TOUWINS : 1 à 5
Chers bourrins et bourrines, handicapés des mains ou des pieds ou des deux, bourricots de mes deux, écluseurs de fûts, bouffeurs de cacahuètes chipsovores, alambics sur pattes et amateurs d’orge fermenté, cramponneux mal lavés, éleveurs de ragondins et amateurs de gel douche aux épinards, mauvais entre les mauvais et vaillants parmi les vaillants, Malaigits d’hier et d’aujourd’hui, je vous salue. Qu’on se le dise et se le répète, ce compte rendu sera le dernier de 2021. Si vous en voulez d’autres vous pouvez aller vous faire foutre, je vais pas écrire entre Noyel et le Réveillon, et en plus cette année ça tombe le dernier jour de l’année, comme quoi les choses sont bien faites. Je sais qu’à ce stade, comme d’habitude, j’en ai déjà perdu la moitié mais c’est pas grave, c’est la sélection naturelle comme disait Alain Chamfort juste avant de se faire greffer les cordes vocales de Jane Birkin et de se taire à jamais, ce qui nous fait des vacances. Et de toute façon je vous emmerde.
Vendredi dernier, nous avons donc reçu les Touwins, et même certains les ont reçu en pleine gueule, si on en croit Eugène D’Efectueux, interne aux Hôpitaux de Toulouse et taxidermiste à ses heures, et également sosie de Moutous, qui a recousu le front d’Irish de minuit à 3 heures du matin après lui avoir bourré le citron de paille et de polystyrène expansé pour que ce soit mieux isolé. Un peu de Rubson pour jointer, et notre camarade a pu sortir des urgences sur le coup de 4 heures, accompagné de Chantal, notre cuistot transgenre cantalou, qui en a profité pour faire vérifier ses implants mammaires gonflés à la tome fraiche qui ont tendance à couler quand il entre dans le bain nordique du « feliz trompetista », établissement thermal brésilien où il a ses habitudes. Une fois c’était tellement chaud qu’il a failli rester collé au fond par les roupes.
Quand à Irish, il était un peu amer en quittant l’hosto car pendant qu’il se faisait empailler par le cousin de Moutous, le petit vieux du box d’à côté se faisait extraire un pot de Nutella du fion par Tatiana, interne slovaque de 5ème année, ex-Miss Bratislava, et actuellement en stage de perfectionnement à Rangueil. Heureusement, ils ont pu bavarder un peu, surtout que, le monde est décidemment petit, Tatiana connait très bien Helmut, notre talonneur-photographe, avec qui elle a fait quelques « shootings » quand elle avait 13 ans. Elle a cependant promis de venir nous voir jouer le prochain match, au cas où Irish ferait une rechute.
Pour revenir au match, nous étions trop peu pour espérer tenir la distance face à une équipe toujours aussi jeune et enthousiaste, mais l’équipe a bien challengé l’adversaire et a même été récompensée par un essai marqué au bout 38 temps de jeu par Mathieu B, lancé comme un bourdon sous ecstasy contre une baie vitrée. En réponse aux nombreux mails que j’ai reçu depuis vendredi, je précise que Mathieu B n’est pas un nom de scène, et qu’il n’a jamais fait parti des Spice Girls même s’il en aurait eu envie à défaut d’en avoir le physique (pourtant à l’époque ça s’est joué à rien sur le casting il parait, Victoria Beckham est arrivée coiffée alors que Mathieu avait gardé son bonnet c’est tout).
Soulignons également la prestation des autres Malaigits, notamment des avants, qui doivent match après match compenser leur déficit de poids et de neurones par un engagement sans faille. C’est le cas de Sébastien P et de Mathieu V el biterrois mexicain, affichant un QI cumulé de 8, et qui se sont multipliés aux quatre coins du terrain. Une telle efficacité tient beaucoup à la communication, importante dans le rugby moderne, et méritoire dans le cas de nos deux tasseaux (je voulais mettre « poutres » mais ça m’a paru exagéré) car aucun ne parle français. En effet Sébastien ne parle que le patois de St Clar, partagé par 74 locuteurs, dont 26 ont récemment émigré en Australie, et Mathieu ne connait que l’espagnol et le petit suisse.
En première ligne, Loulou et Lucas ont accompli le travail de l’ombre dans lequel ils excellent, d’autant qu’ils n’ont aucun autre talent à faire valoir, à part détenir le record départemental de ventriglisse sur le dos pour Loulou (21,80 m homologué à Pin Justaret en 2017) et la médaille de bronze au concours de dégustation de crème de marrons de Privat (07) en 2019 pour Lucas (19,7 kg), mais ça ne sert à rien sur un terrain. Lucas aurait voulu prendre le jeu au pied à son compte mais on lui a expliqué que c’était plutôt Loulou qui s’en chargeait au bénéfice de l’ancienneté et parce qu’en l’absence de Teutort, c’est lui qui est désigné pour chier les dégagements en touche. Loulou a également arbitré le 3ème tiers-temps avec brio, appliquant la règle avec une intransigeance toute britannique, pénalisant notamment Irish pour son agression à coup de tête contre son adversaire direct.
Rapidement, citons pêle-mêle Kévin dont les statistiques sont éloquentes : 38 plaquages, 256 mètres gagnés, et à son débit relevons simplement un placement en mêlée particulier, à côté du numéro 8 ! Renseignement pris, il refuse de se mettre au cul de son pilier à cause de l’odeur. David s’est lui aussi distingué en défense, ayant retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques après son opération du pied que Cyrille lui a volontairement broyé avec ses 22 l’autre jour à l’entrainement. L’origine de l’incident reste nébuleuse mais on parle d’une histoire de tricherie aux petits chevaux il y a 5 ans…Quoi qu’il en soit, David a à présent un pied bionique en Titane qui lui permet de sauter 2,85 m en hauteur mais qui l’oblige à se chausser en 52 d’un côté. Les anciens se souviennent que David n’est pas le premier Malaigit-cyborg puisque le Barde dispose depuis 15 ans d’un nez en Adamantium (le même métal que les griffes de Wolverine) et qu’il n’a pas eu un rhume depuis.
Riri a fait son match en 9, il ne s’est énervé qu’à la 12ème minute et a copieusement cassé les couilles de son vis-à-vis tout le reste de la rencontre, nous gratifiant de quelques plongeons gracieux pour tenter d’intercepter le ballon « mais je suis jamais hors-jeu, c’est ça qui est bien ! » nous a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre. « Beati paupere spiritu », comme disait Richie Mc Caw.
Notre camarade Cyrille a joué en 10 parce que nos trois ouvreurs titulaires étaient absents vendredi (Teutort fait actuellement une tournée d’inspection de sa chaine de bars à putes à Las Vegas, Jacques s’est tiré dans le pied en faisant du tir à l’arc et Arnaud s’est tordu la cheville en faisant des crêpes) mais aussi parce qu’il était puni pour avoir écrasé le pied de David. Si on commence à laisser passer des trucs comme ça c’est fini. Je signale par ailleurs l’existence d’une pétition en ligne intitulée « Cissou enlève ton casque s’il te plait » qui a recueilli à ce jour 174 233 signatures.
Saluons également la paire de centres Clément -Thomas, dont c’était la première association, et qui ont très bien tenu la baraque car ils sont en jambes les bougres ! Les Malaigits peuvent se targuer d’avoir les centres les plus « fit » du circuit. A la fin du match, ils étaient encore tellement frais qu’ils ont fait deux tours de rocade pour se décrasser. « Au deuxième tour, à hauteur de la sortie Quint ça commençait à tirer un peu, on a trottiné… » a déclaré Thomas à Midi Olympique. A l’apéro, Clément et Thomas ont bu du Vichy Célestin et mangé des pousses de mâche crues avec des baies de Goji plus une demi-tranche de radis noir parce que c’est le week-end quand même. On a rien sans rien.
Aux ailes, Rémi s’est moins mis en évidence que lors du match précédent pour deux raisons : D’abord parce qu’en dépit des ballons dont les avants les ont gavés, le 10 et les centres ont coffré toutes les munitions car ils voulaient briller, ce qui souligne leur mauvais esprit et l’animosité qu’ils nourrissent à l’égard des ailiers. Ensuite, il y a aussi le fait que Rémi a joué lesté d’un poids de 5 kg dans chaque poche pour éviter qu’il s’envole quand il prends de la vitesse. C’est plus sûr car la dernière fois il a fini sur le toit de l’église et on a eu un peu peur. Quant à Florian, qui occupait l’autre aile, ses courses chaloupées et ondoyantes ne sont pas sans rappeler celles de notre Président vénéré (dont il sera question dans quelques lignes) mais la comparaison s’arrête là car lui a un pied efficace (pas autant que celui de Caniche mais bon) du côté gauche. Par contre le droit ne lui sert qu’à marcher et encore. C’est d’ailleurs ce manque de symétrie qui explique qu’il a tendance à courir en cercle, mais on en peut pas tout avoir.
A l’arrière, nous avions l’honneur d’accueillir Melvyn Jaminet, pas celui de l’USAP mais celui de La Salvetat, contre qui on a joué (et gagné) il y a un mois. Comme il avait oublié son gel douche la dernière fois, il est passé le récupérer et du coup il a joué avec nous. En plus il connait Riri, ce qui prouve qu’on peut être très sympathique et avoir de drôles de fréquentations. On le remercie en tout cas car il a été d’une grande aide parmi les trois-quarts !
Enfin, pour clôturer cette revue d’effectif, reste notre camarade Merwan, joueur polyvalent s’il en est, et qui endosse de plus en plus un rôle d’impact-player qui lui va bien ! Arrivé un peu en retard à cause d’un déjeuner d’affaires qui s’est un peu éternisé dans l’après-midi, Merwan a souhaité démarrer sur le banc. En effet, d’une part vu son taux d’alcool dans le sang, il avait un peu peur de prendre feu si ça chauffait sur le terrain et aussi parce qu’on a vite constaté qu’il voyait pas le ballon. A la fin du 2ème tiers-temps ça allait mieux et il a pu tenir sa place à l’aile, même s’il nous a avoué à la fin qu’il ne voyait toujours pas le ballon et qu’il avait soif.
Pour finir, évoquons le cas de ceux qui auraient pu être là mais qui se sont échappés pour des raisons diverses, à commencer par Didier qui nous casse les bonbons depuis 2 ans en disant qu’il ne raterait le match contre les Touwins pour rien au monde et qui n’est pas là le jour J. Chacun jugera…tout ça à cause soi-disant d’un furoncle sous cutané au scrotum.
El Presidente est venu mais n’a pas joué, diminué par une crise de paludisme contracté à l’époque où il entrainait l’équipe féminine camerounaise de Curling. D’ailleurs, dimanche il n’avait pas encore complètement récupéré, ce qui explique le naufrage auquel nous avons pu assister à la pétanque et à la belote. Alea jacta est comme on dit, ça n’a rien à voir mais j’aime bien.
Helmut n’était pas là non plus car il devait s’expliquer devant les gendarmes à propos des photos utilisées pour le calendrier Malaigits 2018, et notamment toujours ce problème d’état civil des modèles. Gageons que les propos de Tatiana aux urgences de Rangueil vont certainement l’aider à éclaircir le malentendu.
Voilà, that’s all folks, passez de bonnes fêtes de fin d’année et rendez-vous le 7 janvier pour la reprise de l’entrainement !
Vive le rugby et longue vie aux Malaigits !
Pierre
